[CRITIQUE] Ma Vie de Courgette (2016), Claude Barras

Aujourd’hui, je ressors une critique de 2017 sur un des films qui m’avaient le plus marqués cette année-là. En la relisant, je me rends compte qu’elle n’est clairement pas parfaite, et que je l’aurais sûrement écrite autrement et en allant plus loin dans l’analyse et l’interprétation. Cependant, je tiens encore à vous encourager à voir ce film. J’en ai marre de ces films consensuels et conformistes, qui n’osent plus traiter des problèmes de la vie.

Pour moi, un bon film pour enfant doit savoir parler de choses graves, sans pour autant être gore ou trop adulte. J’en parlerai plus longuement une prochaine fois, car c’est un sujet qui me tient à cœur. Les films qui m’ont le plus marqués sont surtout des films qui évoquaient des sujets graves de la vie de tous les jours, que ce soit à travers des métaphores ou des transpositions dans des mondes imaginaires. Je vous conseille, au passage, la dernière vidéo de l’Ermite Moderne sur ses 5 frayeurs surprises de l’animation. Les sujets des films cités sont très intéressants et je ne vois plus beaucoup de films pour enfants comme cela (enfin, si on peut considérer le classique de Robert Zemeckis Qui veut la peau de Roger Rabbit ? comme un film pour enfant, c’est avant tout un film reprenant les codes du film noir).

Sur ce, bonne lecture.

MA VIE DE COURGETTE, Claude Barras

Ce film est génial !”, me disait-on. J’en entendais du positif de tous ceux qui l’avaient vu. Le film, réalisé en stop motion par Claude Barras, a remporté les César du meilleur film d’animation et de la meilleure adaption en 2017, le prix du public du Festival International du Film d’Animation d’Annecy en 2016 et a été nommé aux Oscars dans la catégorie Meilleur film d’animation (remporté évidemment par Zootopie, des studios Disney…). C’est pourquoi, à l’occasion du festival Anima, j’ai décidé de me jeter à l’eau…

Un jour, Courgette, de son vrai nom Icare, tue accidentellement sa mère qui, alcoolique, s’apprêtait à lui donner une bonne correction. Le policier Raymond lui pose alors plusieurs questions au sujet de sa mère et de son père (« partit avec une poule », selon les dires de sa mère). Le petit Courgette sera alors conduit dans un orphelinat où chaque enfant a vécu un passé cruel. Le garçon insistera pour être appelé Courgette, puisque c’est ainsi que l’appelait sa maman. Il est d’abord très mal accueilli par Simon qui lui joue de vilains tours. Mais petit à petit, il va trouver sa place et va faire la rencontre de Camille, dont il tombera amoureux. Raymond, pris d’affection pour Courgette, n’hésitera pas à lui rendre visite pour avoir des nouvelles…

maviedecourgette
Courgette et le policier Raymond

Vous en dire plus serait vous en dire trop. Ce film, librement inspiré du roman Autobiographie d’une courgette de Gilles Paris, est déjà très court et la suite des événements trop importante pour vous être spoilée. Pour vous dire mon avis, j’ai pris une grosse claque en regardant ce long-métrage d’animation ! Ces orphelins cherchent l’épanouissement et l’on ne peut s’empêcher de s’attacher à eux en les regardant et en connaissant leur histoire qui les poursuit chacun d’une manière différente. L’attachement que Courgette porte encore à sa mère, au point de ne pas vouloir être appelé par son vrai prénom, est très intéressant et le sujet de la mort accidentelle assez bien traité.

J’crois que j’ai tué ma maman…”

Le côté sévère du long-métrage est soutenu par des moments légers et par un univers très coloré : on a l’impression d’un code couleur qui nous permet de bien distinguer chaque personnage. Si les thèmes abordés rendent le tout mélancolique, le film se veut plutôt positif. Chaque scène donne les larmes aux yeux. Tout en ciblant un très jeune public, l’oeuvre parvient avec adresse à traiter de sujets complexes et durs tels que l’alcoolisme, la violence physique et verbale envers les enfants, les abus sexuels, la drogue et beaucoup de choses encore. J’aurais sincèrement du mal à trouver quelque chose de négatif à dire sur ce film, qui a été mon plus gros coup de coeur des films sortis en 2016, et jusqu’ici mon coup de coeur des films vus en 2017 (et oui, j’ai vu La La Land de Damien Chazelle…). Si certains ont reproché au film d’être trop sérieux dans ses sujets, aucun enfant dans la salle ne semblait traumatisé. Le film est intelligent, bien réalisé et très accessible. Un film qui ne prend pas les enfants pour des demeurés, mais qui, au contraire, sait comment traiter de tels sujets pour son public cible. Chaque fois que j’en parle, je dois retenir mes émotions.

À voir absolument, avec ou sans enfants !

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